Le cododo est-il pour tous ?

Dernière mise à jour: 01.06.20

 

Après la naissance, et plus précisément au retour à la maison, la question principale concerne la manière de faire dormir le bébé. Et bien que certains parents aient déjà préparé une chambre avec un berceau et tout l’attirail de puériculture, peu résistent à l’appel du cododo dans les premières semaines.

 

Les principes du cododo

Avant de déterminer qui peut pratiquer le cododo, et dans quelles conditions il peut être bénéfique, ou au contraire néfaste, il convient de revenir un peu sur la définition de cette pratique. En définition simple et enfantine, le cododo exprime le fait pour les parents, notamment la mère, de dormir avec son bébé. Cette pratique s’effectue depuis la nuit des temps dans presque toutes les civilisations du monde entier, et elle perdure aujourd’hui encore dans de nombreux pays, sur tous les continents.

Au cours du XXe siècle, un vent culturel a soufflé sur les habitudes, incitant les parents à se séparer directement de leur progéniture en les faisant dormir dans un berceau bébé dès le retour de la maternité. Mais compte tenu des aléas de ce concept dont les résultats sont plus ou moins mitigés, le cododo semble revenir en force, toutefois avec quelques variantes. En effet, si le principe de base consistait à dormir avec le petit dans le lit des parents, certains optent pour un side-bed, ou tout simplement pour un berceau dans la même chambre que les parents. Quoi qu’il en soit, le principe alimente toujours les débats entre les adeptes et les détracteurs de cette technique, chacun disposant d’arguments valables. Même les pédiatres et les spécialistes de la petite enfance ne peuvent trancher définitivement sur les bienfaits ou les erreurs du procédé. Néanmoins, des points saillants se révèlent au fil des études et des recherches.

Pourquoi le cododo est-il conseillé ?

Après avoir porté un enfant pendant neuf mois, la mère et l’enfant continuent de ressentir le lien qui les unit, bien que physiquement, le cordon ombilical ait déjà été coupé à la naissance. De ce fait, la pratique du cododo constitue un moyen pour la mère et l’enfant de retrouver ce lien, par le contact peau contre peau par exemple. En reconnaissant l’odeur de sa mère, le petit pourra se développer de manière optimale, et la mère compensera autant que possible le sentiment de manque qu’elle peut avoir acquis au moment de la coupe du cordon.

Par ailleurs, le cododo répond également à un besoin de sécurité ressenti à la fois par la mère et par l’enfant. Il s’agit donc plus d’un intérêt psychologique. De son côté, il aidera la mère à réaliser que l’enfant est maintenant dans le monde réel, et plus en elle. Cette situation lui fera prendre conscience qu’elle doit y faire beaucoup plus attention, et le garder le plus près possible d’elle lui donnera cette impression. Pour sa part, le nouveau-né arrivant dans un monde inconnu a besoin d’être rassuré. Les pleurs à l’accouchement expriment tous les sentiments existants, et il a besoin d’un moyen pouvant le rassurer. Avec le cododo, il peut retrouver, d’une autre manière, le partage qu’il a vécu avec sa mère, même en étant désormais hors de l’utérus.

Dans un contexte plus concret et physique, le cododo présente également un avantage net : celui de faciliter l’allaitement. En effet, en cas de pleurs, la mère aura juste à saisir son bébé et lui donner le sein. Elle n’aura pas à se lever, mettre la lumière, et se rendre dans la chambre du bébé pour le prendre et l’allaiter. L’atout du cododo se matérialise ainsi par le gain de temps dans la réactivité, et un retour au sommeil plus facile et plus rapide pour les deux concernés.

En résumé, le cododo s’adresse généralement aux parents – notamment, aux mères – qui souhaitent maintenir le contact maximum avec son enfant, et aux parents qui veulent renforcer le sentiment de sécurité pour eux et leur petit. En outre, ce principe permet de bénéficier d’un peu plus de confort au moment de l’allaitement.

 

Quelles sont les contre-indications ?

Si le cododo apporte des bienfaits, les détracteurs avancent également des risques liés à cette pratique. Le plus important concerne les résultats d’une étude effectuée par une équipe de chercheurs britanniques, à propos de la mort subite du nourrisson. Selon cette étude, le risque de MSN serait cinq fois plus élevé pour les bébés de moins de trois mois partageant le lit des parents. Les principales causes seraient l’étouffement, dans le cas où le bébé dort entre les deux parents, ou la chute, s’il dort sur le côté extérieur.

En effet, lorsqu’un adulte dort, il entre dans une phase dite de sommeil profond, durant laquelle il n’a plus conscience de la présence du bébé. Il risque ainsi de l’écraser et de l’étouffer dans ses mouvements, lors d’un retournement par exemple. Il peut également l’éjecter du lit sans forcément s’en rendre compte. Bien que cette situation soit rare, sachant que l’esprit humain dispose quand même de réflexes et de discernement, elle peut quand même se produire.

Par ailleurs, les spécialistes de la petite enfance déconseillent totalement le cododo si l’un des parents venait à perdre momentanément, ou de façon chronique, cette capacité de discernement. Ainsi, pour la sécurité de l’enfant, il est préférable de le faire dormir dans un berceau en cas de prise de drogue ou d’alcool, si l’un des parents ou si le bébé est malade, ou en cas de fatigue avérée.

En outre, un point important à soulever concerne l’émancipation du petit à long terme. La présence permanente de sa mère à ses côtés risque de le retarder dans sa prise d’autonomie. Il peut même devenir dépendant à long terme, ce qui rendra le moment de la séparation difficile lorsqu’il devra intégrer son propre berceau, et même sa chambre. En contrepartie, le couple lui-même risque de se confronter à des problèmes. Un enfant qui dort dans le lit conjugal risque à terme de troubler la vie du couple, par manque d’intimité et d’activités portées sur le sexe.

 

 

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